Trump signale d'éventuelles discussions avec Maduro alors que les États-Unis intensifient la pression militaire — et qualifient « Cartel de los Soles » de groupe terroriste
Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis « pourraient avoir quelques discussions » avec Nicolás Maduro du Venezuela, alors même que Washington amplifie un important déploiement militaire dans les Caraïbes et s'apprête à désigner le « Cartel de los Soles », lié au Venezuela, comme une organisation terroriste étrangère — un double coup qui ouvre à la fois une issue diplomatique et une voie vers une coercition plus prononcée. [1]
- Ce qui est nouveau aujourd'hui (17 nov. 2025) : Trump a évoqué d'éventuelles discussions ; le département d'État prépare une désignation formelle FTO du « Cartel de los Soles », que des responsables américains affirment être lié à Maduro. [2]
- Pourquoi cela compte : Une étiquette FTO déclenche de larges interdictions pénales de « soutien matériel » et des restrictions financières — et pourrait être utilisée pour justifier une posture cinétique plus dure — tandis que des pourparlers pourraient désamorcer une confrontation qui a alarmé les gouvernements latino‑américains. [3]
- Le contexte : Le groupe de frappe du porte‑avions USS Gerald R. Ford est arrivé dans la région la semaine dernière alors que les forces américaines ont mené leur 20e‑plus frappe létale contre des embarcations suspectées de trafic de drogue depuis septembre. [4]
Ce qui a changé — et pourquoi c'est important
Interrogé par des journalistes le 16 nov. 2025, Trump a déclaré « nous pourrions avoir quelques discussions avec Maduro », un changement notable après des semaines de gesticulation et un rapide renforcement des forces américaines présenté comme une opération antidrogue. Le commentaire est intervenu le même week‑end où des hauts responsables ont annoncé en avant‑première une inscription FTO pour le Cartel de los Soles, que les États‑Unis accusent d'être dirigé par Maduro — allégation qu'il nie. [5]
La donne militaire : des interceptions à une présence coercitive
Le Pentagone a massé des moyens dans la zone de responsabilité du U.S. Southern Command, y compris le groupe de frappe du porte‑avions USS Gerald R. Ford. Le Venezuela a répondu en plaçant environ 200 000 soldats en état d'alerte. Alors que les responsables américains présentent la mission comme antidrogue, l'ampleur du déploiement suscite des inquiétudes quant à une dérive vers une action directe à l'intérieur du Venezuela. [7]
Le 16 nov. 2025, le ministère de la Défense a annoncé que les forces américaines ont frappé un autre bateau soupçonné de trafic de drogue dans l'est du Pacifique — au moins la 21e frappe depuis début septembre — soulignant un tempo opérationnel qui, selon des briefings américains rapportés par de grands médias, a fait plus de 80 morts. [8]
Arrivée du porte‑avions
Le USS Gerald R. Ford est entré dans les Caraïbes le 11 nov., marquant la plus importante présence navale américaine dans la région depuis des décennies. [9]
Nombre de frappes
Au moins 20–21 frappes létales contre des embarcations depuis septembre ; la plus récente signalée le 16 nov. dans l'est du Pacifique. [10]
Posture vénézuélienne
Le ministre de la Défense Vladimir Padrino López a ordonné une vaste mobilisation ; Caracas qualifie la présence américaine de menace pour la souveraineté. [11]
Opinion publique
Seulement 29 % des Américains approuvent l'élimination de trafiquants présumés sans supervision judiciaire ; 51 % y sont opposés. [12]
La désignation FTO : ce qu'elle fait — et ne fait pas —
Le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé que les États‑Unis désigneront le « Cartel de los Soles » comme une Foreign Terrorist Organization. En vertu de 8 U.S.C. §1189 et 18 U.S.C. §2339B, cette étiquette pénalise le « soutien matériel » à l'organisation, étend les conséquences migratoires et facilite le gel des avoirs — mais elle n'autorise pas, en soi, la guerre. [13]
| Désignation FTO (8 U.S.C. §1189) | Frappes militaires unilatérales |
|---|---|
| Pénalise le « soutien matériel » (argent, services, formation) à l'entité (18 U.S.C. §2339B) ; banques et plateformes renforcent la conformité. [14] | Nécessite une autorité constitutionnelle et statutaire ; sans AUMF spécifique, la Maison‑Blanche invoque l'article II et des théories du droit de la guerre — contestées au Congrès. [15] |
| Soutient les sanctions/les interdictions d'immigration ; signale une forte pression diplomatique. [16] | Déclenche un examen au titre des War Powers ; le Sénat a rejeté de justesse une résolution visant à restreindre la latitude de Trump sur le Venezuela. [17] |
| Ne n'autorise pas indépendamment l'usage de la force. [18] | Augmente le risque d'escalade et de réaction régionale. [19] |
Réactions régionales et risques diplomatiques
Les dirigeants d'Amérique latine ont exprimé leur réticence face à l'approche de Washington. Le président colombien Gustavo Petro a suspendu le partage de renseignement en raison des frappes contre des embarcations, les qualifiant de potentielles exécutions extrajudiciaires, tandis que le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a appelé à la médiation et a mis en garde contre une « invasion terrestre » américaine. [20]
Le renforcement militaire — officiellement justifié comme antidrogue — a suscité des inquiétudes dans les capitales régionales et parmi des experts juridiques internationaux sur la proportionnalité et la compétence juridictionnelle, certains avertissant que des frappes « contre‑cartel » pourraient se transformer en coercition visant le changement de régime. [21]
Examen par le Congrès et bataille sur les War Powers
Le 6 nov., le Sénat a rejeté de justesse une résolution War Powers visant à restreindre la capacité de Trump à attaquer le Venezuela sans autorisation, reflétant une inquiétude bipartisane mais des votes insuffisants pour contraindre la Maison‑Blanche. Les sponsors Tim Kaine, Adam Schiff et Rand Paul ont promis de poursuivre leurs efforts. [22]
« Le pouvoir exécutif n'a pas l'autorité pour tuer à volonté n'importe qui, n'importe où, à n'importe quel moment, pour n'importe quelle raison », a soutenu le sénateur Rand Paul à la tribune du Sénat — un point de vue qui n'a pas emporté la chambre mais qui a signalé une résistance persistante. [23]
Dans la stratégie de la Maison‑Blanche : carottes et bâtons
Le message mixte d'aujourd'hui — promettre des pourparlers tout en renforçant la pression juridique et militaire — reflète une stratégie plus large de Trump : associer une pression maximale à une possible sortie diplomatique. L'administration a également ancré sa posture dans des actions exécutives antérieures liant le Venezuela au crime transnational (par ex., pression tarifaire liée au pétrole vénézuélien et désignations liées au terrorisme), présentant la campagne actuelle comme motivée par la sécurité nationale plutôt que par la promotion de la démocratie. [24]
Comment Maduro réagit
Maduro a nié les allégations américaines, mobilisé des forces et présenté le renforcement comme une menace à la souveraineté vénézuélienne. Il a évoqué, par intermittence, la possibilité d'un dialogue — une posture que Trump semble prêt à tester. [25]
À suivre 🧭
Documents FTO et calendrier
L'avis formel du département d'État et toute période d'examen par le Congrès concernant la désignation du Cartel de los Soles. [26]
Tempo opérationnel
Si les frappes maritimes persistent ou s'étendent à des cibles terrestres — et si la présence du groupe du porte‑avions Ford demeure symbolique ou devient opérationnelle. [27]
Résistance au Congrès
Relance des efforts War Powers après le dernier vote ; demandes de contrôle pour des justifications juridiques et des évaluations des frappes. [28]
Opinion publique
Les sondages montrent un soutien limité aux frappes létales sans contrôle judiciaire ; une nouvelle érosion pourrait restreindre les options politiques. [29]
Contexte juridique : autorités et contraintes
Les désignations FTO s'inscrivent dans 8 U.S.C. §1189 et déclenchent les interdictions de « soutien matériel » de 18 U.S.C. §2339B, un régime fréquemment confirmé par les cours fédérales. Mais les désignations ne se substituent pas à une autorisation spécifique d'utiliser la force — la ligne de fracture qui anime désormais le débat sur les War Powers au Congrès. [30]
Séparément, l'administration a soutenu que les frappes relèvent des pouvoirs de l'article II du Président et des lois de la guerre contre des « narco‑terroristes », un argument qui a rencontré la résistance de parlementaires et de certains alliés, qui remettent en question tant l'imminence que les normes de ciblage. [31]
Scénario le plus favorable
Des pourparlers discrets entre les États‑Unis et le Venezuela produisent des mesures de désescalade (par ex., poursuites contre des membres du cartel, coopération en matière d'interception), permettant à Washington de réduire la présence du porte‑avions sans coût politique. [32]
Scénario le plus défavorable
La désignation FTO durcit les positions ; une erreur de calcul entraîne des frappes à l'intérieur du Venezuela, fracturant le soutien régional et déclenchant un conflit prolongé non autorisé. [33]
Scénario le plus probable à court terme
La pression calibrée se poursuit — frappes maritimes plus déploiements visibles — tandis que Washington teste si des pourparlers peuvent extraire des concessions sans conférer de légitimité à Maduro. [34]
Conclusion
L'administration ménage la chèvre et le chou : afficher une ouverture diplomatique tout en posant des conditions juridiques et cinétiques qui laissent ouvertes les options d'escalade. La tolérance de ce délicat équilibre par le Congrès, les alliés américains dans l'hémisphère et l'opinion publique américaine déterminera les prochaines étapes — et si le 17 nov. marque le début d'une désescalade ou simplement un nouveau tour de vis. [35]
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