November 19, 2025 at 01:55 AM

Les États‑Unis snobent la COP30 tandis que le Brésil lance un fonds forestier de 125 milliards $ et une feuille de route de 1,3 T$ pour le financement climatique : ce que signifie la fracture diplomatique

Les États‑Unis snobent la COP30 tandis que le Brésil lance un fonds forestier de 125 milliards $ et une feuille de route de 1,3 T$ pour le financement climatique : ce que signifie la fracture diplomatique

Le 8 novembre 2025, la décision de l'administration Trump de n'envoyer aucun haut responsable à la COP30 à Belém, au Brésil — et la dénonciation du sommet par le secrétaire à l'Énergie Chris Wright depuis Athènes — sont venues heurter la volonté du Brésil de recentrer la politique climatique mondiale autour d'un nouveau dispositif de 125 milliards $ pour les forêts tropicales et d'une feuille de route visant à mobiliser 1,3 T$ par an pour le financement climatique. Cette juxtaposition a accentué une fracture géopolitique sur la gouvernance climatique, le financement et le rôle des combustibles fossiles. [1]

  • La Maison Blanche confirme l'absence d'une délégation américaine de haut niveau à la COP30 ; le secrétaire à l'Énergie qualifie le sommet de « canular ». [2]
  • Le Brésil dévoile le Tropical Forests Forever Facility avec des engagements initiaux dépassant 5,5 milliards $, visant un véhicule de 125 milliards $. [3]
  • L'ONU et les présidences de la COP promeuvent une feuille de route Baku‑à‑Belém pour porter le financement climatique à 1,3 T$ par an d'ici 2035. [4]
  • WMO : 2025 devrait être la 2e ou la 3e année la plus chaude jamais enregistrée — ce qui augmente les enjeux de la COP30. [5]

Ce qui s'est passé — et pourquoi c'est important

Alors que les dirigeants se rassemblaient en Amazonie pour le Sommet des dirigeants de la COP30 (6–7 nov.) avant le début des négociations formelles le 10 nov., le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a lancé le Tropical Forests Forever Facility (TFFF), un nouvel instrument financier destiné à rendre « les forêts debout plus précieuses que les terres défrichées », avec des engagements initiaux de la Norvège (3 milliards $), du Brésil (1 milliard $), de l'Indonésie (1 milliard $) et plusieurs partenaires européens. En parallèle, les présidences de la COP (Azerbaïdjan pour la COP29 et Brésil pour la COP30) ont promu la « feuille de route Baku‑à‑Belém », un plan visant à porter les flux de financement climatique à 1,3 T$ par an d'ici 2035. [6]

Parallèlement, la Maison Blanche a confirmé que les États‑Unis n'enverraient aucune représentation de haut niveau à Belém. À Athènes le 7 nov., le secrétaire à l'Énergie Chris Wright a critiqué la COP30 et réaffirmé la stratégie de l'administration favorable aux combustibles fossiles, soulignant le retrait de Washington de l'Accord de Paris plus tôt cette année. Ce contraste a suscité des réprimandes cinglantes de la part de certains dirigeants d'Amérique latine et d'Europe à Belém. [7]

Contexte : réorientation de la politique américaine

Le 20 janvier 2025, le président Trump a signé un décret exécutif ordonnant le retrait des États‑Unis de l'Accord de Paris — une nouvelle fois. Bien que le décret affirme un effet immédiat, l'avis du dépositaire de l'ONU indique que le retrait juridique prend effet en janvier 2026 en vertu de l'article 28. [8]

Au cœur de la poussée financière du Brésil

Tropical Forests Forever Facility (TFFF)

Le TFFF du Brésil cherche à aligner le financement souverain sur des résultats vérifiables en matière de déforestation, en allouant une partie des fonds aux communautés autochtones et traditionnelles. Le dispositif combine des contributions initiales (visant 25 milliards $ de capital pouvant être mobilisés jusqu'à 125 milliards $) avec des paiements basés sur les résultats pour les pays forestiers, et a reçu le soutien de plus de 50 pays. [9]

Feuille de route Baku‑à‑Belém vers 1,3 T$

S'appuyant sur un jalon financier de la COP29, le changement climatique de l'ONU et les présidences de la COP ont décrit une voie de mobilisation public‑privé pour faire passer le financement climatique d'environ 300 milliards $ aujourd'hui à 1,3 T$ par an d'ici 2035, appelant à des réformes du bilan des banques multilatérales de développement, au partage des risques, à des outils pour la dette souveraine et à des normes de marché plus claires. [10]

Encadrement de l'ONU

Le dirigeant climat de l'ONU, Simon Stiell : « Le financement est le grand accélérateur », appelant à concrétiser la trajectoire vers 1,3 T$ et à un accès équitable pour les pays en développement. [11]

Accueil des dirigeants

Le Brésil a mis en avant le leadership du Sud global ; la Norvège est apparue comme un donateur ancre précoce du TFFF ; les capitales de l'UE examinent en détail les modalités de mise en œuvre. [12]

Position de l'Inde

L'Inde a insisté sur un financement équitable, concessionnel et sur l'exécution des promesses historiques — en cohérence avec sa position en faveur de la justice climatique. [13]

Absence des États‑Unis et réactions internationales

À Belém, le secrétaire général de l'ONU António Guterres a averti que manquer l'objectif de 1,5 °C constitue un « échec moral », tandis que plusieurs chefs d'État ont critiqué la position et l'absence des États‑Unis. Les diplomates européens, quant à eux, craignent que Washington puisse toujours influencer ou compliquer les résultats depuis la périphérie — faisant écho aux récentes interventions américaines dans d'autres fora. [14]

« C'est essentiellement un canular. Ce n'est pas une organisation honnête cherchant à améliorer la vie humaine. » — Secrétaire à l'Énergie des États‑Unis Chris Wright, Athènes, 7 nov. 2025. [15]

Politiquement, l'administration présente son approche comme une priorité donnée à la sécurité énergétique, aux exportations de GNL et à la déréglementation ; ses partisans soutiennent que cela protège la croissance et les besoins énergétiques des alliés. Les critiques rétorquent que les États‑Unis abandonnent le leadership climatique et sapent le multilatéralisme à un moment de chaleur record et de risques climatiques croissants. [16]

Le contexte scientifique : des risques en hausse

Le « State of the Climate Update for COP30 » de l'Organisation météorologique mondiale conclut que 2025 classera probablement comme la 2e ou la 3e année la plus chaude jamais enregistrée ; 2015–2025 sera la période de 11 ans la plus chaude en 176 ans d'observations. Le rapport renforce l'urgence d'aligner financements et politiques à la COP30. [17]

Proposition/Position Éléments principaux Échelle/Objectif Qui soutient Friction potentielle
Le TFFF du Brésil Mécanisme adossé à la dette ; paiements basés sur les résultats ; 20 % pour les communautés autochtones Véhicule de 125 milliards $ (effet de levier sur ~25 milliards $ de capital) 53 signataires ; engagements initiaux menés par la Norvège ; Brésil, Indonésie parmi les contributeurs Vérification, coûts de la dette, suivi des engagements des donateurs
Feuille de route Baku‑à‑Belém Réforme des banques multilatérales de développement ; partage des risques ; mobilisation de capitaux privés ; standardisation 1,3 T$/an d'ici 2035 UNFCCC, présidences de la COP (Azerbaïdjan/Brésil) Adhésion politique ; conditionnalité ; soutenabilité de la dette
Position des États‑Unis (nov. 2025) Pas de présence de haut niveau à la COP30 ; orientation pro‑fossiles ; processus de sortie de Paris en cours Pas d'engagement financier ; réorientation politique Pouvoir exécutif des États‑Unis Réaction diplomatique ; signaux de marché ; écarts politiques transatlantiques

Sources : communiqués de l'UNFCCC ; reportages de l'AP et de Reuters ; mise à jour climatique du WMO. [18]

Courants politiques domestiques à Washington

La posture climatique de l'administration découle du décret exécutif « Putting America First in International Environmental Agreements », ordonnant une sortie de l'Accord de Paris (effet juridique en 2026) et signalant un pivot vers la « domination énergétique ». Les démocrates au Congrès ont répliqué par des projets de loi visant à bloquer le soutien américain aux projets fossiles à l'étranger ; la division partisane présage une volatilité politique continue. [19]

À suivre 🗓️

10–21 novembre

Négociations formelles de la COP30 : savoir si le TFFF obtient davantage de capitaux ; si la feuille de route à 1,3 T$ aboutit à des engagements institutionnels concrets. [20]

Processus de l'ONU

Les briefings du sommet de l'ONU et du Brésil détaillent les livrables au niveau des dirigeants sur les forêts, la gestion des feux et la réforme de l'architecture financière. [21]

Alignement US‑UE

Les diplomates de l'UE se préparent à d'éventuelles interventions américaines depuis la périphérie ou via le commerce/les normes — un indicateur de tensions transatlantiques plus larges. [22]

Analyse : implications politiques et de politique publique ⚖️

Vide de leadership mondial

En boudant la COP30 alors que le Brésil fait avancer des dispositifs financiers à grande échelle, les États‑Unis risquent de céder l'espace d'agenda à des coalitions menées par le Brésil, l'UE et la Chine. Même absente, Washington peut encore façonner les résultats indirectement — par les marchés financiers, la politique commerciale et la diplomatie énergétique. [23]

Test de crédibilité du financement

Que le TFFF et la feuille de route à 1,3 T$ se traduisent par des flux nouveaux, prévisibles et dé‑risqués déterminera si la COP30 marque un véritable tournant vers la mise en œuvre — ou un nouveau cycle de promesses sans pipelines. Les signaux des donateurs à court terme et les réformes du bilan des banques multilatérales de développement sont des marqueurs clés. [24]

Boucle politique intérieure‑politique étrangère

Les actions exécutives américaines (sortie de Paris, déréglementation) résonnent à l'international et invitent des contre‑récits qui présentent Washington comme peu fiable sur le climat, alors que des États, villes et entreprises peuvent poursuivre la décarbonation pour des raisons de marché. Les à‑coups politiques compliquent les investissements à long terme. [25]

Science vs politique

Avec l'avertissement du WMO selon lequel 2025 fera partie des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, l'écart entre le risque scientifique et le consensus politique reste la tension centrale qui façonne la géopolitique climatique. [26]

Principales citations

« Le financement est le grand accélérateur… La feuille de route Baku‑à‑Belém trace le chemin de 300 milliards $ par an à 1,3 trillion $ d'ici 2035. » — Secrétaire exécutif de l'UNFCCC Simon Stiell, 7 nov. 2025. [27]
« Le lancement d'aujourd'hui est une déclaration de solidarité et d'espoir. » — Le secrétaire général de l'ONU António Guterres sur le TFFF, 6 nov. 2025. [28]

En résumé

L'histoire immédiate à Belém est la divergence nette : un choix politique américain de s'abstenir des délibérations de haut niveau de la COP30 et une tentative menée par le Brésil de redéfinir le financement climatique à grande échelle. L'enjeu à moyen terme est de savoir si de nouveaux instruments et une trajectoire à 1,3 T$ pourront surmonter les vents politiques contraires — et produire des résultats mesurables avant que le réchauffement n'ancre des risques plus profonds. [29]

Références

  • AP : « Trump’s energy secretary slams UN climate conference in Brazil, where US absence is glaring » (7 nov. 2025). [30]
  • UNFCCC : remarques de Simon Stiell ; mises à jour de la COP30 et documents de la feuille de route (5–7 nov. 2025). [31]
  • Affiliés AP/ABC et fil de presse du Washington Post : couverture complémentaire des propos et de l'absence des États‑Unis (7 nov. 2025). [32]
  • Reuters : plan du Brésil pour augmenter le financement climatique ; préoccupations diplomatiques sur l'influence américaine (6–7 nov. 2025). [33]
  • WMO : State of the Climate Update for COP30 (6 nov. 2025). [34]
  • AP/UPI et site hôte de la COP30 : engagements et détails du lancement du TFFF (6–7 nov. 2025). [35]
  • Maison Blanche : « Putting America First in International Environmental Agreements » (décret exécutif, 20 jan. 2025) ; note du CRS sur le calendrier de retrait. [36]
  • Politico et The Guardian : réactions des dirigeants et contexte depuis Belém (6–7 nov. 2025). [37]
  • Times of India : position de l'Inde sur le financement à la COP30 (8 nov. 2025). [38]

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Références

apnews.com

unfccc.int

wmo.int

un.org

whitehouse.gov

timesofindia.indiatimes.com

theguardian.com

iisd.org

cop30.br

reuters.com

abcnews.go.com

politico.com

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