Trump envisage la vente de F‑35 à l'Arabie saoudite alors que MBS se rend à Washington : le Congrès, Israël et la loi américaine sur l'exportation d'armes encadrent la décision
Alors que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane doit se rendre à la Maison Blanche mardi, l'administration laisse entendre qu'elle pourrait soutenir la demande longtemps réclamée par Riyad d'acheter des chasseurs furtifs F‑35 — un tournant qui redessinerait les relations États‑Unis–Arabie saoudite, mettrait à l'épreuve « l'avantage militaire qualitatif » d'Israël et déclencherait un examen parlementaire intensif en vertu de la loi sur le contrôle des exportations d'armes. [1]
Au cours des dernières 48 heures, des reportages ont indiqué que le président Trump « envisage » la vente dans le cadre d'un ensemble plus large de mesures de défense et économiques qui seraient discutées lors de la visite du prince héritier. Des reportages distincts ce mois-ci ont indiqué que la demande saoudienne portant jusqu'à 48 F‑35 a franchi un obstacle politique clé au Pentagone, faisant avancer le potentiel accord plus avant dans le processus interministériel — bien que les approbations finales et la notification au Congrès restent en suspens. [2]
Quoi de neuf, quoi suivre
- Planification de la Maison Blanche : La visite du prince héritier le 18 novembre devrait comporter une cérémonie, un déjeuner de travail et des signatures d'accords. Des questions de défense figurent à l'ordre du jour. [3]
- Trajectoire du F‑35 : Les reportages de Reuters et Bloomberg suggèrent une voie possible pour un accord F‑35 ; Reuters avait auparavant rapporté que la demande saoudienne avait progressé au sein du Pentagone. [4]
- Position israélienne : Des responsables israéliens pressent Washington de subordonner toute vente de F‑35 à Riyad à une normalisation avec Israël — faisant monter les enjeux diplomatiques régionaux. [5]
La loi : comment une vente de F‑35 serait examinée
Toute cession de F‑35 serait régie par la section 36 de l'Arms Export Control Act (AECA), qui exige une notification formelle au Congrès et accorde aux législateurs un délai d'examen statutaire (généralement 30 jours pour les pays non‑OTAN) pour adopter une résolution conjointe de désapprobation. L'AECA intègre également l'engagement des États‑Unis à préserver l'avantage militaire qualitatif (QME) d'Israël, obligeant l'exécutif à certifier que les ventes dans la région n'éroderont pas cet avantage. [6]
Sur le plan opérationnel, les ventes proposées gouvernement à gouvernement transitent par la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui publie des notifications de cas et des mises à jour de politique ; à la date de cette semaine, il n'y a pas eu de notification publique de la DSCA concernant un ensemble F‑35 pour l'Arabie saoudite. [7]
- L'administration prépare une certification et notifie le Congrès.
- La période d'examen du Congrès s'ouvre (15 jours pour les alliés OTAN+ ; 30 jours pour d'autres comme l'Arabie saoudite).
- Faute d'une résolution conjointe de désapprobation, la vente peut se poursuivre ; le Président peut invoquer une dérogation d'urgence mais doit la justifier en détail. [8]
La politique : contrôle, droits humains et une poussée pour « simplifier » les ventes d'armes
Même si la Maison Blanche soutient la vente, le Congrès exercera ses prérogatives. Des élus de tous bords ont scruté les transferts majeurs vers l'Arabie saoudite depuis le meurtre en 2018 de Jamal Khashoggi, meurtre que le renseignement américain a conclu avoir été approuvé par le prince héritier ; l'optique d'une visite sur tapis rouge et de nouveaux accords d'armement a déjà suscité des critiques. [9]
Parallèlement, les responsables de la commission des affaires étrangères de la Chambre ont fait avancer une législation visant à accélérer les ventes militaires étrangères et à relever les seuils de notification — un changement que les défenseurs de la transparence avertissent qu'il affaiblirait le contrôle au moment où des ensembles de taille record sont envisagés. Attendez‑vous à ce que ce débat façonne l'examen du F‑35 si une notification est envoyée. [10]
Le « QME » d'Israël et le levier de la normalisation
Israël reste le seul opérateur du F‑35 au Moyen‑Orient. La position de Jérusalem — soutien uniquement si la vente est liée à une normalisation Israël–Arabie saoudite — crée un lien diplomatique qui pourrait soit faciliter un grand accord, soit devenir un point de veto de facto si les conditions de normalisation (notamment des jalons sur l'État palestinien) ne peuvent être comblées. [11]
“Washington pèse les ventes d'armes au Moyen‑Orient de manière à garantir qu'Israël conserve un ‘avantage militaire qualitatif’. » — Cadre de la politique américaine antérieure réitéré dans des reportages récents sur la demande saoudienne de F‑35. [12]
Des reportages distincts le mois dernier ont décrit des pourparlers américano‑saoudiens sur un pacte de défense bilatéral — semblable à l'accord récent entre les États‑Unis et le Qatar — qui, s'il était signé cette semaine, lierait davantage la relation sécuritaire et influencerait les calculs sur les avions avancés. [13]
Considérations industrielles et de risque technologique
Toute vente de F‑35 s'intersecterait avec les réalités actuelles du programme — l'intégration de la mise à niveau TR‑3 de Lockheed et la feuille de route du Block 4 — ainsi qu'avec des questions de sécurité technologique. Des responsables américains ont indiqué des craintes que des capacités sensibles puissent être exposées à la Chine si les garde‑fous ne sont pas hermétiques, un risque qui entrerait en ligne de compte pour la surveillance de l'utilisation finale et les décisions de configuration pour toute variante saoudienne. [14]
Étendue de l'accord (reportages)
Jusqu'à 48 appareils à l'étude ; paquet final indéfini en attendant l'approbation interministérielle et la notification au Congrès. [15]
Calendrier de la visite
Visite du prince héritier à la Maison Blanche et sommet d'affaires États‑Unis–Arabie saoudite prévus les 18–19 nov. 2025. [16]
Garde‑fous juridiques
Examen AECA §36 + certification QME pour Israël sont des prérequis non négociables. [17]
Statut du processus
Pas encore de notification publique de la DSCA ; notes de politique mises à jour le 13 nov. mais pas spécifiques à un dossier F‑35 pour l'Arabie saoudite. [18]
Scénarios sur la table
| Scénario | À quoi cela ressemble | Probabilités/contraintes politiques | Implications probables |
|---|---|---|---|
| Vente conditionnée à la normalisation | Les États‑Unis autorisent les F‑35 liés à un paquet de normalisation Israël–Arabie saoudite ; compensations QME robustes pour Israël. [19] | Améliore les perspectives au Congrès ; fait toujours face à des objections liées aux droits humains et à la sécurité technologique. [20] | Approfondit l'intégration trilatérale ; exige un ajustement soigneux de la configuration saoudienne et des contrôles d'utilisation finale. [21] |
| Vente avec restrictions, pas de normalisation | Variante F‑35 dégradée, surveillance renforcée de l'utilisation finale ; pacte de défense États‑Unis–Arabie saoudite séparé progresse. [22] | Vote plus difficile au Congrès ; préoccupations accrues sur le QME et l'exposition à la Chine. [23] | Potentiel de frictions futures avec Israël ; accroissement des exigences de contrôle. [24] |
| Pas de vente | L'administration retient la notification ; poursuit d'autres coopérations en matière de défense (missiles, C2, drones). [25] | Préoccupations QME minimales ; risque de diversification saoudienne vers des fournisseurs non‑américains. [26] | Maintient le statu quo ; moindre influence sur les partenariats technologiques de Riyad. [27] |
Comment le Congrès pourrait réagir
Outils de surveillance
Les membres peuvent placer des blocages, exiger des briefings et, en dernier recours, tenter une résolution conjointe de désapprobation dans le cadre du délai AECA. La Chambre débat également d'une législation visant à relever les seuils de notification et à « simplifier » les ventes — des changements que les critiques disent dilueront le contrôle. [28]
Principaux sujets
Attendez‑vous à des séries de questions sur les droits humains (Khashoggi), le Yémen, la surveillance de l'utilisation finale, les garde‑fous technologiques contre l'accès chinois, et les mesures d'atténuation du QME pour Israël. [29]
Réalités du programme
Le calendrier TR‑3/Block 4, la maturité logicielle et les coûts de maintien pourraient influencer les calendriers de livraison, la configuration et l'appétit du Congrès. [30]
Pourquoi c'est important maintenant
La vente potentielle de F‑35 ancrerait une recalibration plus large des relations États‑Unis–Arabie saoudite — incluant potentiellement un pacte de défense bilatéral et des flux d'investissement accrus — tout en reliant ces mouvements à une stratégie régionale centrée sur l'architecture de sécurité d'Israël et une piste de normalisation encore insaisissable. Les prochains jours révéleront si la Maison Blanche cherche à tirer parti de la visite du prince héritier pour conclure un « grand accord » unique ou opte pour des étapes incrémentales qui repoussent la question des F‑35. [31]
À surveiller cette semaine 🗓️
- Toute annonce officielle de la Maison Blanche ou notification de la DSCA déclenchant l'horloge AECA. [32]
- Si des déclarations conjointes lient la coopération en matière de défense à des jalons de normalisation Israël–Arabie saoudite. [33]
- Réactions initiales des dirigeants des affaires étrangères/sécurité de la Chambre et du Sénat sur le QME et les garde‑fous. [34]
Analyse et implications
D'un point de vue de politique de transfert d'armes, la question du F‑35 se situe à l'intersection de trois forces : le désir de l'administration de resserrer Riyad comme partenaire de sécurité majeur ; le QME statutaire d'Israël et son poids politique à Washington ; et un Congrès cherchant simultanément rapidité et contrôle dans les ventes militaires étrangères. Une vente conditionnée qui ferait avancer la normalisation et verrouillerait des contrôles technologiques stricts aurait probablement le moins de résistance, mais elle est aussi la plus difficile à exécuter diplomatiquement. À défaut, attendez‑vous à une bataille rudes — mais clarificatrice — sur Capitol Hill au sujet de l'avenir de la gouvernance des ventes d'armes américaines et des termes stratégiques du marché États‑Unis–Arabie saoudite. [35]
Références
- Avant‑propos de l'AP sur la visite à la Maison Blanche du 18 nov. et les signatures d'accords prévues. [36]
- Reuters sur le potentiel accord F‑35 et la probabilité rapportée d'une vente ; Reuters sur la demande saoudienne ayant franchi un obstacle politique au Pentagone. [37]
- Axios sur le soutien conditionnel d'Israël — la normalisation d'abord. [38]
- Financial Times sur des pourparlers en vue d'un pacte de défense États‑Unis–Arabie saoudite. [39]
- Cornell LII : AECA §36 (22 U.S.C. §2776) sur l'examen du Congrès et le QME d'Israël. [40]
- Mise à jour du site DSCA (pas de notification F‑35 pour KSA au 13 nov.). [41]
- Washington Post sur Khashoggi et le contexte politique de la visite. [42]
- Defense One sur le statut des mises à niveau/livraisons du F‑35 et les risques du programme. [43]
- Al‑Monitor/Reuters sur les inquiétudes du renseignement américain concernant l'accès chinois à la technologie du F‑35. [44]
- Communiqués de la commission des affaires étrangères de la Chambre sur la « simplification » des ventes d'armes, et la critique de Transparency International. [45]
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